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31.01.2008

18:32

Je suis très contente.

Parce que je vais bosser sur une série que j'aime beaucoup, beaucoup...Je ne l'ai pas encore vue, vous non plus, la saison 1 est en tournage . Je vais donc bosser sur la 2, sur les arches, les synopsis pour commencer et pour la suite...on verra bien!

J'ai lu les deux premiers épisodes et j'ai vraiment été séduite par le ton, les personnages et par la qualité de l'écriture. Ca change de ce que j'avais l'habitude de lire (mais je ne lis pas tout c'est vrai) et j'espère ce sera aussi bien à l'écran.

 Le créateur lit mon blog, donc par pudeur bien sûr,  je n'en dirai pas plus ;-) je peux juste vous dire qu'il avait une jolie écharpe orange...et que je l'ai rencontré grâce à mon blog. Et moi qui me demandais si je devais continuer ce blog...Ca fait réfléchir, du coup ;-)

Bon, je vous donne quand même un indice: tous les premiers mercredi du mois à midi, ça fait siffler les sonotones. 

30.01.2008

de 5 à 7...

J’aime lire les interviews de scénaristes. Parce que c’est intéressant de voir comment les autres abordent ce métier. J’adore quand ils parlent de leurs failles, de ces moments où ils passent des jours à mater Roland Garros pendant que ça mûrit, de leur journée à faire du ski en procrastinant à mort. Alors vous vous dites : « ben oui, forcément à l’autre feignasse là, ça lui parle ! ». Et oui, c’est rassurant de voir que même les « connus » qui ont droit à une interview peinent parfois à se mettre au boulot. Mais d’abord moi en ce moment, mes délais sont trop courts pour me laisser aller à la procrastination et puis ce n’est pas l’époque de Rolland Garros et y a pas de neige !
Mais je digresse. Je suis donc tombée l’autre jour sur l’interview d’une jeune femme qui m’a beaucoup amusée et un peu sidérée.
Cette femme a décidé de quitter son emploi de cadre supérieur dans le marketing pour se lancer dans le métier de scénariste. Jusqu’à présent rien de très étonnant. 
Mais voilà, elle, pour tenter de se caser, s’est lancée dans une véritable étude de marché. Analyse des parts de marchés des séries et téléfilms, interviews des décideurs sur ce qu’ils cherchent, analyse des scénarios des succès de la saison, calculette à la main…Je suis sûre que le mur de son bureau est jonché de tableaux Excel et qu’au petit matin après étude approfondie, elle se lance pleine de courage rêvant de recette miracle !

Le métier que nous faisions avant nous conditionne t’il à ce point ?

Tout de suite j’ai pensé à Tony Soprano qui en plein transfert sur sa psy, décide de la conquérir en mafieux : c’est à dire mettre l’amant de son fantasme, KO, au lieu de lui faire la cour comme, je ne sais pas moi, un chef de rayon.

Elle fait pareil finalement, elle aborde le métier avec ses armes à elle.

Entre vous et moi, je n’ai pas très envie de lire les écrits de cette dame. Je ne suis pas naîve, je sais qu’ on doit répondre la plupart du temps à une demande, mais aborder mon boulot comme elle le fait, je vous le dis tout de go, je préfère aller vendre des merguezs les jours de manifs !

Alors moi avant, j’étais comédienne, donc quand je patiente pour mes rendez-vous chez les producteurs, je m’échauffe la voix dans le couloir, je regarde les autres filles, pardon, concurrentes, avec un œil mauvais, et à peine dans le bureau je fais : « Ce rôle de scénariste, il est pour moi, renvoie-les toutes…Bob ! ».
Et non, c’est un cliché. J’ai appris à répéter, répéter, me faire engueuler, chercher, chercher encore…et jouer parfois devant 5 personnes.
Là je suis en train d’écrire un truc qui espère toucher 7 millions, ça change !
Oui, mais les 5 pékins, ça forme !

28.01.2008

Le jour du senior

Mais quelle effervescence à côté ! Alors ça y est, Cédric de « Tais-toi je me gratte » a « maintenant des responsabilités » (dixit lui-même) et crée un nouveau blog. Juste au moment où je commençais à m’habituer à ses couleurs toutes moches et à sa police illisible… Mais bon, je continuerai à suivre ses aventures quand même, faudra m’expliquer où aller quoi…

Hop, dans la foulée, je file sur le blog d’à côté , et voilà t’y pas qu’Aurélie qui est complètement marteau, ne change pas de blog, elle, mais elle change tout ! Car voilà, elle se lance dans la carrière, et moi je me dis, merde ! Une de plus !
 
Donc les amis,  à côté c’est fébrile, aussi speed qu’un action movie.
Mais moi je me dis que c’est bon pour moi. Parce que je vais recupérer leurs lecteurs vieillissants qui forcément sont largués par tant de  rebondissements...parce que chez Dulle, c’est du constant, du solide, du « qu’on peut suivre facilement »….
La même série depuis un an, avec des petits contrats à droite à gauche, histoire de se maintenir en forme…Et voilà.

La vie de Dulle c’est du bon vieux 90 mns, du « Dulle la brocante », du « commissaire Maigredulle », et même de la « sœur Dulle.com »…Des séries qui fleurent bon le terroir, devant lesquelles on peut s’endormir en étant…rassurés.

 

Bon allez, une tisane, un suppositoire, et au lit! 

24.01.2008

La ménagère a parlé...

- ...et sinon, à part ça Dulle, niveau boulot t'en es où?

- Ben ça va...Je continue à écrire pour la télé.

- Et t'as le temps de bosser sur tes projets?

- Pas trop non, c'est compliqué...

- Mais tu peux mettre un peu de toi quand même dans tes trucs pour la télé?

- Pas souvent, et en ce moment pas du tout...

- Tu vois moi j'y connais rien, mais les séries françaises je les regarde plus, peut-être que s' ils vous laissaient un peu plus de liberté à vous les auteurs, ce serait sûrement mieux non? 

 

C'était un extrait de ma très récente conversation avec une copine ménagère de - 50 ans. C'est pas moi qui l'a dit... 

22.01.2008

Woody et moi...

Ca doit faire deux ans qu'il est là, épinglé au-dessus de mon bureau, en plein dans ma ligne de mire....

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 Tantôt il me nargue, tantôt il m'encourage, mais il a l'air plutôt...dubitatif, non?

20.01.2008

Dis-moi oui, dis-moi non

Très récemment, j’ai eu un court échange avec un directeur de collection sur la disponibilité des auteurs.

Sujet intéressant qui vaut bien un post et sur lequel ma propre position devient de plus en plus claire. Disons, que je sais de plus en plus quelle scénariste je suis…Mais avant de parler de la façon dont j’envisage mon boulot, revenons sur le point de vue des directeurs de collections (Mais qu'est-ce que c'est que ce ton :)? J’ai vraiment avalé une prof aujourd’hui)

Tous vous souhaiteront disponibles parce que par expérience ils trouvent que quand des auteurs se dipersent, le travail est moins bon. S’ils réagissent tous de la même façon c’est que cela doit être vrai. Donc, je comprends leur point de vue.

Du point de vue maintenant des auteurs, disons que ce n’est pas si simple. Nous sommes toujours sur des sièges éjectables, les projets ne sont pas sûrs de voir le jour, il nous faut toujours un peu anticiper l’avenir, toujours être en mouvement, etc etc…Donc, bosser sur un seul projet est un peu risqué car quand on nous demande d’être disponible pour 4 mois et que finalement on vous remercie au bout d’un mois…on peut donc se retrouver le bec dans l’eau.
Sans compter que votre agent peut  vous inciter aussi beaucoup à diversifier les projets.

Les deux points de vue, je pense, sont défendables.

Moi, quand j’ai débarqué dans le milieu des scénaristes TV et que je voyais certains de mes « collègues » bosser sur 3 projets à la fois, je pensais vraiment que c’était la marche à suivre, la norme. Que c’était forcément comme ça, qu’il fallait bosser.
(Quand je parle de projets, j’exclue les pitchs ou  l’épisode ponctuel de 26’ à dialoguer…je parle de « gros » boulot. Genre deux  séries à la fois).

J’avoue que cette façon de bosser m’effrayait un peu et j’avais l’impression qu’on jugeait la « qualité » d’un scénariste à sa capacité à se mulitiplier.
Puis, j’ai regardé, fait des rencontres et j’ai remarqué que dans ce domaine, il y deux sortes de scénaristes : ceux qui disent « oui » à tout, et ceux qui sont capables de dire « non ». Et vous ne pouvez pas savoir comme cela m’a rassuré de discuter avec des gens qui disent « non ».

Ceux des « oui », que je ne critique pas du tout et pour qui je peux même avoir de l’ admiration, sont des gens je pense terrifiés (le mot est un peu fort) à l’idée de voir un projet leur échapper. L’avenir est incertain, il faut faire son trou, être sur tous les fronts, gagner plein de fric (pour beaucoup). Ce sont les stakhanovistes du scénario. Si cela ne nuit pas à la qualité de leur travail, moi je dis bravo.

Dans le camp des « non », il y a bien sûr parmi eux des gens chevronnés et donc très demandés et qui ne peuvent matériellement pas accepter toutes les propositions. Mais il y a aussi ceux qui disent non, car ils ont conscience qu’accorder moins de temps à un « boulot » nuira à sa qualité et donc ne les servira pas forcément pour la suite. J’ai de plus en plus tendance à penser comme ça.
Certes, je suis loin d’être chevronnée, pas encore connue, et donc les propositions ne se bousculent pas (même si je n'ai pas à me plaindre). Mais il m’est pourtant arrivé de dire « non » pas au tout début, mais assez vite finalement... Et sans aucune prétention de ma part, genre « c’est trop de la merde pour moi, bla, bla, bla ». Non, non, pas du tout. C’est juste que j’étais déjà sur autre chose qui me demandait beaucoup d’investissement, et en plus, je n’aimais le projet. Les deux couplés, font je pense une bonne raison de refuser. Et puis, il y a aussi les choses sur lesquelles je ne me positionne pas, parce que je pense ne pas être bonne dans ce genre. Par exemple, si on me propose demain un projet de SF, je ne peux pas le faire. Ou RIS, par exemple. Ce n’est pas du tout mon truc.
Parfois c’est vrai, on peut se planter. Dire non à des choses qui pourraient se révéler finalement intéressantes et se planter en en acceptant d’autres. Mais, c’est la vie, n’est-ce pas ?


Et puis, une autre raison qui m’amène à dire oui ou non, outre mon goût pour le projet, ce sont les gens avec qui je travaille. Max mon co-auteur, les autres auteurs (si c’est un boulot en atelier) et au-dessus, les directeurs de collections, les gens de la prod...
Et puis, il y aussi les projets qui peuvent me faire progresser.
Par ex, je n’aime pas beaucoup le ton de la série sur laquelle je bosse, mais finalement j’y trouve mon compte. J’apprends beaucoup de choses, sur le polar, sur le 52’…Alors j’ai bien fait de dire « oui ».

Car comme on dit très joliment « petit à petit, l’oiseau fait son nid », je suis en train de faire le mien, à ma façon et au bout du compte, c’est celle là qui me convient le mieux…et c’est le principal!

16.01.2008

Erratum Vitae

Hou là là là…le nombre de mes visiteurs grimpe, grimpe…Les langues commencent à aller bon train, on commence même à guetter des indices dans mes posts (hein is@ ?;)). Partout dans Paris et dans Navarre, une interrogation se propage: Mais qui est Dulle ?

Mais j’ai bien peur que la machine à fantasmes qu’est Internet, ne vous ait induits en erreur. Non, non, non, je ne suis pas celle que vous croyez …

Bon. A la lecture de mes posts, vous avez peut-être déduit que:
1/  je suis un esprit libre (donc de gauche)
2 /  je suis une femme encore jeune ( vocabulaire, vivacité d’esprit, humour incroyablement branché. Etc, etc….)
3 / que j’ai un nombre d’écrits incomparable à mon actif  (j’ai dû me la péter deux trois fois, avec mon long, mes pièces, ma liste de courses….)
4 /  que je suis douée d’un sens de la relation extraordinaire ( Je bois avec mon agent, je m’adapte en un claquement de doigts aux discours des producteurs, je couche si on me demande…)
5 /  je ne suis pas  sectaire  (Je discute avec des jeunes auteurs sans le sous qui vont sûrement me piquer ma place un de ces jours)
6 / que je ne suis pas raciste (j’ai même des minorités visibles dans ma famille et je viens du pays de le Pen (c’est dire !))
7 /  j’ai une capacité de travail inouïe (vu le temps que je passe sur le net, je vous raconte pas comment je carbure à côté …)

Et bien … je vous ai bien eu !ah ah !

La vérité est là :
Je m’appelle bien Dulle,  mais j’ai 73 ans et j’ai quitté la France en 81 suite à l’élection de Mitterrand, pour m’installer en Hollande, où j’ai monté ma petite entreprise de goudat.
Les premières années se sont révélées assez heureuses…Puis le drame : le cours des pâtes dures s’est effondré (à cause de ces salauds de gauchistes) et j’ai dû fermé la boutique.
Mais un homme très affable (encore une minorité visible) m’a proposé de garder son magasin. Je n’ai pas bien compris, il ne vendait rien, il me demandait simplement de me mettre en vitrine et de faire des sourires aux passants. Aucun sens du commerce cet homme là ! En plus, c’était vraiment agréable, j’ai eu beaucoup d’amants à cette époque, que j’avais même le droit de recevoir dans le magasin ! Bon, je ne les revoyais jamais (sauf un qui m’appelait maman, jamais compris) mais j’étais bien contente d’avoir tant de succès...

Puis, j’ai vieilli…Mon amant régulier s’est mis à m’appeler « Mamie » et là j’en ai eu marre de cet emploi de vendeuse qui n’avait rien à vendre…
En plus, Sarkosy se présentait…C’était le moment de revenir.

Donc, je suis rentrée à Paris il y a un an environ. Je me baladais Pont de Saint Cloud, devant la tour de l’ami de notre ex- futur président bien-aimé, et là, je me fais aborder par un monsieur en costume. Nous discutons et de fil en aiguille, je lui apprends que je suis bien désoeuvrée.
Il me dit : « Mais pourquoi ne faites-vous pas scénariste à la télé ? Vous avez du talent ? ».
« Ben non ! », lui dis-je.
« Ca tombe bien, c’est ce qu’on cherche ! »

Il avait raison…Ca marche pas mal.

Voilà…maintenant vous savez.

14.01.2008

Minorité visible toi même!


Entendu lors d’une réunion dans une prod : « Est-ce qu’il y a des minorités visibles dans la série ? ».
Ca m’a réveillé d’un coup !
« Des minorités visibles ??? » Mais keskecékessa ?
Et je comprends enfin, « Ahhhhh, ils veulent dire des noirs et des arabes… ». Mais pourquoi ne le disent-ils pas ? C’est quoi le problème ? Peur d’être taxés de racistes ?

C’est marrant, moi « minorité visible », j’aime pas du tout…C’est moche, c’est con, c’est ridicule, et pour le coup, c’est ça que je trouve un peu raciste.
Faut vraiment qu’ils arrêtent avec le politiquement correct à la télé, ça ne frise même plus le ridicule, c’est au-delà…

Et quand on est scénariste, on appelle un chat un chat …D’abord !

PS : la prochaine fois, je vous fais un topo sur les minorités invisibles…

13.01.2008

satisfackshonne...

Ca avance bien ce week-end, je suis contente...
 
 
 
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10.01.2008

...suite



Ce matin, nous avons eu droit aux félicitations de la prod et du directeur de collection. Je n’en tire aucune gloire, ça veut juste dire que nous réussissons bien à rentrer dans la case. Je m’en réjouis surtout parce que cela signifie que nous allons pouvoir continuer à bosser sans stress. Nous y passons du temps, certes, les délais sont serrés mais nous travaillons maintenant sans tension.  Et je vous jure, ce boulot sans la tension, c’est  un rayon de soleil qui arrive. On se voit plus avec Max, car on perd moins de temps à travailler ensemble plutôt qu’à faire de nombreux allers-retours par mails. Et c’est plus joyeux aussi, on se marre vraiment bien tous les deux en ce moment.

Ce matin dans le métro en allant au RDV, j’ai réalisé que cela faisait un an qu’on bossait sur cette série ! (Dieu merci, je n’ai pas fait que ça !).Nous écrivons en ce moment notre troisième épisode. Le 2ème a sauté, le premier va être soit adapté, soit va disparaître lui aussi et nous en écrirons donc un nouveau. Donc ça fera 4 au total, dont 2 (croisons les doigts) diffusés.
Et je sais que le travail sur cette série a débuté il y a un an et demi. Et là, ça fait réfléchir : autant de temps, d’énergie, d’argent dépensés pour arriver à ce résultat ! Je n’ai de leçons à donner à personne mais le bon sens aurait quand même voulu qu’il y ait un directeur de collection depuis le début plutôt que de partir dans tous les sens pendant plus d’un an…
Mon banquier est content de ces nombreux épisodes mais c’est quand même bizarre, non, ce manque d’efficacité.

Vu en partie, hier soir un téléfilm d’Emmanuel Finkiel…C’est sûr quand des réalisateurs de cinéma (surtout celui-là) se mettent à faire de la télé, ça devient tout de suite beaucoup plus intéressant. Quoique, depuis quelques temps, les genres se mélangent vraiment. On voit de plus en plus, de « téléfilm » dans le cinéma français, et parfois (rarement mais quand même) des moments de cinéma à la télé. J’ai relevé le nom de la productrice qui a produit et j’ai bien l’intention de lui envoyer un projet.

Là, d’ailleurs, j’attend ma nouvelle co-scénariste…Je crois qu’elle aussi a vraiment envie de pondre des projets qui lui ressemblent…et comme elle me ressemble un peu…Ca risque de coller. On verra !

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