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29.02.2008
Population 51 021
Hier vers 16 heures, je jette l’éponge. Malade, contrariée, je coupe le téléphone et je sors mon coffret « Twin Peaks » acheté il y a des mois et pas encore déballé. Dès le générique, c’est la téléportation, quinze ans en arrière, un Lundi soir …Vous vous souvenez ? (Je m’adresse à ceux qui ont dansé sur « Téléphone » un jour …).
On n’avait jamais vus un truc aussi bien, aussi étrange, aussi flippant sur nos écrans. (Et cette musique, bon dieu, cette musique !)
Et bien aujourd'hui, je pense toujours la même chose…
Dulle à la bûche.
27.02.2008
La marquise a 38,5
C’est vacances scolaires et les gens de la télé à l’instar des lapins, des cochons, des oies et des charcutiers, se reproduisent et aèrent leur progéniture.
C’est donc calme plat. Les pompiers sont en vacances et les flics sont en instance de restructuration.
La chaîne paraît-il, veut encore tripatouiller le concept. Moi de toute façon, je ferai comme ils veulent, au bout d’un an, je…je…disons que…et bien….ok ! Ils peuvent même nous annoncer que ce sera joué par des Playmobils, je suis partante. Mais stratégiquement ce serait bête de leur part parce que ca ressemblera vachement à RIS du coup…
A ce propos, cette nuit j’ai rêvé que cette série allait être réalisée par Alex Baupin (le musicien des « Chansons d’amours ») et toujours dans mon rêve, on allait traîner avec Max sur le tournage et je butais dans un escalier, sur Ludivine Sagnier qui avait le rôle principal. Mais ça va, je ne me suis pas fais mal….
Sinon, j’ai juste une trentaine de séquences à réécrire et dialoguer sur mon long, un synopsis d’unitaire à retravailler et accessoirement une pièce à avancer…Mais je garde tout ça pour demain car il faut toujours remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même…
Et surtout, je suis drôlement patraque.
25.02.2008
Les lettres de Raymond
Il y a un truc quand même aberrant, c’est notre manque général de connaissance des conditions de tournage. Combien de scénaristes n’ont jamais foutu les pieds sur un plateau ? J’ai participé à quelques tournages en tant que comédienne, mais très peu, et je n’ai qu’une idée trop abstraite des contraintes, des techniques…Et je sais que c’est une grosse lacune.
Quand je bossais pour le théâtre, j’organisais des lectures, avec de vrais comédiens et tout de suite, ce qui ne colle pas vous saute aux oreilles. Et comme scénariste ? Nada.Je passe à la prod...et ensuite? J'en sais rien....
Jean-Claude Carrière en parlait l’autre jour à la radio, lui qui a usé ses guettres sur les plateaux. Et cet après-midi je retombe sur ce texte de Raymond Chandler . Lisez-le, si cela vous intéresse… By the way, « les lettres » de Raymond Chandler, c’est un petit bijou qui parle d’écriture (et qui se trouve en poche partout…). Mais bon, ce n’était qu’un tout petit scénariste, il a juste bossé entre autre pour Hitchcock et Billy Wilder…
« ….Le scénariste moyen –et même celui qui est plus que moyen – ignore presque tout des problèmes techniques qui se posent à un réalisateur, et absolument tout de l’habileté remarquable d’une monteuse entraînée. Il se fatigue à écrire des plans qu’on ne peut pas tourner, ou bien qu’il faudra jeter, à écrire des dialogues que personne ne peut dire, à imaginer des effets sonores qu’on entendra pas. Son idée d’une scène efficace, c’est quelque chose qu’il faudra filmer dans une cage d’escalier ou dans un terrier, ou une conversation si statique que le metteur en scène, pour lui donner un peu de mouvement, devra tourner sous neufs angles différents. En fait, l’écrivain nouveau venu dans un studio n’a pas accès à cet immense répertoire technique. On lui dit de voir des films – ce serait comme d’apprendre l’architecture en contemplant une maison ? Et puis ils le renvoient dans son trou de lapin pour rédiger des scènes que son producteur entre deux coups de téléphone à ses petites blondes où à ses compagnons de saoulographie, lui reprochera de ne pas avoir faites différemment…. »
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24.02.2008
Définitivement....
22:49 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
22.02.2008
Foutraque...

Hyper calme depuis hier...
Faut que je bosse sur mon long, mais je le fais pas...C'est booonnnn.
Tiens je suis en train d'écrire un post. Nefisa, c'est de ta faute, fallait pas me faire une chouette bannière comme ça. (J'ai essayé de la mettre, apparemment ça n'a pas marché...Mais j'y arriverai! :-)...et qu'est-ce que c'est gentil!)
(Si encore le créateur de "Ligne de feu" tenait ses promesses et me rémunérait comme il en était question pour toutes mes gentillesses sur son travail...Mais non, je vois rien venir. Ma mère avait raison, faut pas faire confiance à ceusse de la télé ..;-) Mais ça c'est quand elle a appris que Pascal Sevran était homosexuel, ça lui a foutu un sacré coup...Elle a été rassurée quand je lui ai dit que Drucker non et elle a repris du poil de la bête...Mais quand elle a appris que sa fille, oui, elle est retombée en dépression... Enfin bon, maintenant elle va bien...Mais elle ne regarde plus la télé)
Je vais quand même continuer à parler de mes débuts comme scénariste à la télé, mais en élevant un petit peu le débat et en ouvrant tout un champs de réflexions. Genre: "Le scénariste est généralement un obsédé sexuel: Pourquoi? "
Ou encore: "La bise au producteur à la fin du premier rendez-vous, est-ce bien nécessaire?
Ou encore encore: "comment aborder une productrice hystérique...en sachant qu'elles le sont presque toutes".
Ou encore encore encore: "Je travaille sur PC, est-ce grave?"
Et aussi: une scénariste pas encore "installée" peut-elle se permettre de se casser souvent en week-end à la campagne? La réponse est : je vais me gêner !
20.02.2008
Think.
Petit billet informatif (pourtant):
La première réunion de vrai boulot sur Ligne de feu s’est vachement bien passée. Pour l’instant j’aime bien les gens autour de cette table. Et c’est surtout hyper agréable de pouvoir réfléchir et lancer des idées en essayant de tirer les choses vers le haut, d’éviter la facilité, de sincèrement tenter de faire quelque chose de bien. Et surtout, sentir qu’on peut tout dire…
Je me suis sentie très à l’aise et ça n’a pas toujours été le cas sur d’autres projets…
On reprend dans 15 jours.
On a essayé avec Max d’enchaîner sur une séance de boulot pour le policier mais ça s’est transformé en divagation hyper intelligentes (sic !)sur le rempotage des plantes, sur les relations amoureuses, sur le chocolat à 70% et sur la façon dont on abordait l’un et l’autre ce métier. Bref, on a vachement bossé.
Et moi je me pose des questions sur ce blog. Vais-je continuer ? Faire de l’informatif m’ennuie et j’assume à peine d’exposer comme ça ma vie professionnelle qui n’a rien de palpitante (sauf pour moi parfois)… Mais je parle de mon point de vue, car je trouve ça marrant d’aller voir chez « potes de blogs » comment ça se passe pour eux.
Et mon regard sur ce métier est-il intéressant ? J’en doute, et d’ailleurs mon point de vue change très souvent au gré des rencontres.
Bon…Faut voir…(Je suis rincée ce soir et voilà donc le fruit de mes réflexions: faut voir...)
Commando de l'échec....
De mon côté ça y est, la prod se décoince au niveau des paiements et régulièrement je trouve un chèque dans la boîte aux lettres. Plus qu'un, et la totalité de l'épisode aura été payé. Mais c'est vrai qu'en général, qu'est-ce que ça traîne au niveau des paiements et qu'est-ce que c'est pénible et injuste.
Alors, je monte un commando. Tous les scénaristes qui ont des chèques coincés dans des prods, je les appelle à se regrouper et ensemble nous ferons la tournée des boîtes avec des airs pas tibulaires mais presque....Ils vont les cracher leurs chèques, vous allez voir...Et je vous rappelle que c'est moi qui commande parce que je veux être chef au moins une fois dans ma vie.
Ca s'appelle "le commando de l'échec"...pardon "le commando de le chèque". (Chassez le maturel, il revient ...)
Bon, j'ai atelier pompiers aujourd'hui, faut que je saute dans le métro....
Have a very good day....
09:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2008
Les dossiers
Préparation de dossiers CNC « aide à la réécriture » de long-métrage (Il y a quelques années, j’étais allée jusqu’en plénière alors on se sait jamais) et aussi pour le Moulin d’Andé. Aujourd’hui, je matérialise mes envies. Discussion également avec une amie scénariste qui sent bien depuis des mois que je ne lâche pas ce projet malgré mes airs détachés et mes réflexions du style : « S’il ne voit pas le jour, je m’en fiche, c’est ma carte de visite ». En attendant les réponses des organismes, rien ne m’empêche de commencer la réécriture. Un signe : ca ne m’emmerde jamais de retravailler ce projet alors que je dois en être à la 6ème version.
La priorité reste l’écriture rémunérée mais ça ne me semble pas incompatible, surtout que maintenant j’ai appris à dire « non ».
De toute façon, j’ai besoin d’avoir « une fenêtre » sur un projet personnel …
Certains soirs et le week-end, je note des trucs pour ma pièce (bouts de dialogues, idées) et si bientôt , quand le boulot sur les pompiers aura commencé je n’ai plus le temps…et bien je n’en ferai pas une crise et je continuerai plus tard.
Et merci Vé de me remettre gentiment sur les rails de temps en temps...
15:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.02.2008
Dix manches (je sais, c'est nul...)
Seulement deux petits heures de boulot ce week-end et le reste du temps partagé entre le cinéma, les amis et la glandouille-maison.
Nous devons rendre un pitch plus étoffé cette semaine pour notre épisode N°2 de polars (toujours pas de titre définitif pour cette série) mais on a quasiment terminé. Notre premier épisode est en train d'être "lissé" par le directeur de collection, La prod l'a aimé, reste la chaîne... Il va faire partie de la première salve des 4 épisodes tournés. S’ils sont tournés, parce que tant que ça n’est pas fait il vaut mieux rester très très prudents. Si ça tombe à l’eau, j’avoue que ce sera une déception parce que nous avons passé beaucoup de temps et d’énergie sur ce projet (sans parler des droits de diffusion qui nous passeraient sous le nez). Mais bon, comme dit l’autre: " qui vivra, verra…"
Cette semaine commence également le travail en atelier pour « Ligne de feu » pour construire les arches de la deuxième saison. On est divisé en deux groupes de 5 scénaristes + le direktor de Collektione et chaque groupe développe les histoires de 3 personnages sur 12 épisodes. Et après on mélange tout ça, un coup de Shaker, de baguette magique et hop là ! Ah non ? C’est pas comme ça que ça marche ?
Mon agent m’a recommandé d’essayer de me caser sur le feuilleton quotidien de la 2 :« les 5 filles du docteur Bobologue » où « mon nom circule… » ou en tout cas a circulé le temps au moins le temps d’une conversation. Mais je lui ai clairement dit que je n’essaierai même pas. Pas envie, pas le temps …Elle a parut un peu déconcertée par ma réponse un peu abrupte mais elle a compris qu’il ne servait à rien d’insister. Et oui, je suis le fruit de générations de bretons bourrus et têtus, qu’est-ce que vous voulez…Et si on me contrarie, je cherche un puits et je m’y jette !
Vendredi soir, pendant le générique de fin de « Juno », j’ai eu une sorte de révélation. Non, je n’ai pas vu la Vierge, (pourtant qu’est-ce que j’aimerais, mon avenir serait enfin réglé) mais, j’ai eu très envie de réaliser moi-même mon long-métrage. Vraiment, ça a été comme une envie de fraise, et l’idée ne m’a pas quittée du week-end.
Il est déjà passé entre les mains de deux producteurs qui ont essayé de le financer mais sans aucun acharnement. La prometteuse Sarah Forestier après son carton et son César pour « L’esquive », était partante pour le rôle principal, (mais maintenant elle est trop âgée...) Un réalisateur était dans le coup et puis tout ça s’est dégonflé …
Une productrice vient de m’en demander les droits pour essayer de le faire pour Arte ou Canal+, mais définitivement, je pense que c’est un projet cinéma…et je viens de refuser.
Je sais avec qui je pourrais m’associer pour le co-réaliser. Le faire seule me fout une trouille bleue et j’ai vraiment envie d’avoir quelqu’un à mes côtés. Mais je laisse « mariner » tout ça et je continue de réfléchir…avant de me lancer dans la course au fric…ou de le laisser dans mon tiroir.
C’est Dimanche soir, mon voisin joue de la clarinette … très mal. Beaucoup de gens autour de moi vivent des choses vraiment pas drôles, sinon dramatiques…Et je me dis que j’ai un bol monstrueux que tout aille bien pour moi…
19:37 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
14.02.2008
La France d'après....
Rien à voir avec le scénario, avec moi...Sauf que j'adore ce qu'écrit ce type. Son blog s'appelle "La France de Toutenbas". Voilà une très belle chronique de Thierry Pelletier ...que j'avais envie de mettre ici....
«Moi à quinze ans, j'étais marin, j'ai navigué jusqu' à Madagascar. J'ai fait mécano, maçon, électricien, mes diplômes c'est mes paluches et ma tronche. Ils me convoquent lundi, je sais bien que c'est pas pour me filer une médaille. Je vais me faire sucrer mes allocs par une poufiasse de trente balais qu'a jamais rien vu. Si elle me retire le RMI, je descends à Belzunce, je m'achète cinq kilos de teuchi, elle va voir si je suis pas capable de la monter mon entreprise !»
Il nous sort le grand jeu aujourd'hui le Marseillais, il s'est chauffé au Get 27, ça met de l'ambiance. Tant mieux parce qu'en général c'est plutôt le bal des enclumes dans ce rade, toujours la même brochette de quadras en survêt, hypnotisés par l'écran géant, les boîtes de Lexomil et de Tercian sagement rangées sur le zinc à coté du jaune ou du petit crème. Tous au RMI.
La patronne, mafflue thénardière pas commode, saute sur l'occase pour débiter sa petite vacherie, enfoncer le clou: «Moi je pourrais jamais toucher le RMI, il faut que je bosse, que je bouge», annonce-t-elle alors que son cul déborde du tabouret. En tous cas, ça la gêne pas trop d'empocher tout ce pognon mal acquis. Dure en affaires, adepte de la préférence locale, elle me gonfle systématiquement la note. C'est vrai que je suis un étranger, j'habite à dix kilomètres et ne m'arrête pas souvent dans son riant estaminet.
Une barbie sur le retour, frigorifiée par sa journée dans la vigne, se sent visée: «C'est vrai je profite du RMI, je fais un peu de taille à côté, mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ?» Le débat s'annonce passionnant pour une fois, mais il faut que j'y aille, le grand a judo ce soir.
C'est à trente bornes, dans le grand gymnase d'une morne néo-banlieue de Carcassonne. Pas le droit d'assister au cours, ça distrait les loupiots, il pèle, y a que des petits pav, des immeubles et des ronds-points à perte de vue, le chauffage du supermarché me tend les bras.
Je vais glander là pendant une heure, sous ces néons qui font ressortir les cernes et les poches sous les yeux, vous donnent ce teint de paupiette avariée en descente d'amphétamines, dans cette odeur de chaussette aseptisée, subtil mélange de harpic et de klakos, j'en profiterai pour acheter deux trois trucs forcément indispensables.
La majorité des femmes arbore un percing au coin de la bouche, sorte de mouche des temps postmodernes, même la charcutière en a un planté dans sa moustache. Les mecs, je veux parler des zigues à la coule, pas des quelques Lebowski de mon acabit, portent plutôt l'anneau à la paupière. Avec mes croquenots et mon parka de vigne direct from Gamm vert, je suis définitivement out, plouc de plouc. A la ramasse, je suis à ranger avec tous ceux qu'essayent même plus de faire illusion, qu'ont besoin d'un bon stage de redynamisation, les traîne-jogging, les décolorées boutonneuses aux chicots disparates, aux racines bien noires...
Tiens voila Riri, Fifi et Loulou avec leurs casquettes Lacoste, leurs survêts jaune canari, leur acnée, leur démarche de pingouin qu'a chopé la gastro, mains dans les poches, pousse du coude, ricane. Pauvres enfants roumis d'une cité pourrie mais si mortellement tranquille, qui aimeraient tant ressembler aux caricatures de méchants Sarrasins que leur fourgue Skyrock. Pauvres gamins, c'est marqué sur leurs faces blêmes qu'ils s'appellent Kevin, ils n'ont aucune chance, sont cramés avant même d'ouvrir la bouche, labellisés lumpen par leurs tronches et leurs sapes.
C'est nous, la France d'après. Putain qu'elle est saumâtre, mon Dieu qu'elle est grise!
A la sortie des caisses le petit grand homme nous nargue, l'est sur toutes les affiches du kiosque à journaux, tout seul, avec sa dame, avec son fils, sourire carnassier du gars qui va pas bouder son plaisir, l'a bien trop ramé pour ça, qui sait qu'il faut se gaver rapido, que le navire prend l'eau, qu'il a beau augmenter les effectifs de la chiourme, recruter à tour de bras, les soutiers pourraient bientôt remonter sur le pont et lui dire des choses méchantes.





