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31.03.2008

Et maintenant, prions ...

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Mini-Dieu de l’audiovisuel….


- Fais que l’homme du Québec qui tient maintenant les rênes de la fiction à TF1 aime "Ligne de Feu" et maintienne l’écriture des 12 épisodes de la saison 2. Et tant qu'à faire, si tu pouvais nous ajouter l’écriture d’un épisode en plus des synopsis ...Tiens, je suis même prête à m’agenouiller…(devant toi, je précise…)

- Fais aussi que j’ai l’aide à la ré-écriture du CNC….

Ainsi je n’aurais plus à me préoccuper de mon compte en banque pour les quelques mois à venir tout en travaillant sur des projets que j’aime....
 
Sinon, si tu préfères me sucrer l’aide du CNC, fais–moi embaucher sur les dialogues d’une série parce que je ne sais pas pourquoi, mais ça me brancherait en ce moment, les dialogues… 
  
Ah, encore une petite doléance, cette fois au niveau du timing : arrange-toi pour me dégager trois semaines pour les vacances cet été.

 
Un, deux ... (Orgue mal accordé à fond la caisse)
 
"A toi, mon Dieu, mon cœur monte,
En toi, mon espoir est mis. (t’as entendu ?)               

Jamais on n'est confondu
Quand, sur toi, l'on se repose. (t'as la pression là hein?)
 

               
Ca y est, je suis tranquille maintenant...  (Enfin quelqu’un qui s’occupe de mes affaires…)
 

30.03.2008

Drama queen.

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Acte 1
Samedi.
Trois heures du matin. Une Dulle en peignoir fume une clope dans le salon (alors qu’elle a ar-rê-té bordel…) en sirotant du Porto pour calmer ses angoisses.

J’avoue.
Cette nuit j’ai joué la Drama queen.
Ca a frisé le ridicule.

Véro finit par débarquer : « Mais Dulle qu’est-ce qui se passe ? Ça ne va pas ? »
«Non, je suis super angoissée… »
 
Et là avec des petits trémolos ridicules dans la voix et du sirop dans l’œil,  je continue : « Je pense…À ma viiiiieeeeee ».

Ridicule je vous dis, (pas l’intention, le ton) mal joué en plus, digne d’une télénovela. Forcément, elle éclate de rire.

Moi, vexée :« Décidément, je ne suis pas prise au sérieux dans cette maison … »

Elle :
« C’est le mélange de Sarah Bernhardt et de Bécassine qui me fait marrer…Qu’est-ce qui se passe ? ».

Moi :
« Je me pose des questions…. »

Et là, j’ai lu dans son regard : « C’est reparti pour un tour… »
Mais, classe, elle a juste dit : « Raconte… »

Moi
« Mais pourquoi j’ai arrêté le théâtre ? »

Elle
« Et qu’est-ce qui t’empêche de reprendre ? »

(Blanc.)

Moi
« Mais je n’ai rien à raconter…Je ne vais pas écrire une pièce pour écrire une pièce et réussir à faire illusion auprès de quelques pros comme il y a deux ans et me vautrer lors de la dernière ligne droite… Parce qu’ils ne sont pas si cons les directeurs de Théâtre… ».

Vero
« Mais elle était bien ta pièce… »

Moi
« Non. Elle est arrivée jusque-là parce qu’elle était juste pas mal écrite …Et que les metteurs en scène, les théâtres et les comédiens reçoivent tellement de merdes qu’ils ont été surpris … Au début « .

Ressasser les vieilles histoires fatigue. J’ai fini par m’endormir. Pourtant, je me suis encore réveillée avec des pensées passéistes…

Il y a quelques années, j’ai écrit un monologue que j’ai joué 200 fois. C’est beaucoup. Ça a pris tout de suite auprès des gens qui pouvaient m’aider (théâtres, metteur en scène, pas mal de presse…).  C’était certes imparfait, mais c’était original et hyper sincère. J’avais vraiment un truc à raconter à ce moment là...

Mon long-métrage n’est pas encore tout à fait abouti, mais je sais qu’il y a quelque chose … Non seulement parce que je le pense mais aussi parce que je l’ai fait suffisamment lire pour le savoir...

Mais ça fait un moment que je me sens aussi vide que mon frigo (cf. mon blog-it). Et ça m’inquiète.

Que faire ?
Attendre que ça revienne (ou que ça passe)?
M’y coller trois heures par jour en espérant qu’à force, ça va décoller ?

Je crois que je suis en crise.
C’est ça, avoir bientôt 40 ans ?

Alors, je déclare officiellement ouverte « ma crise de la quarantaine ».
(et bien en voilà un sujet … Sauf que ma pièce parlait de ça…Mais faire du personnage principal comme je l’ai fait un personnage en creux, brinqueballé par les évènements, incapable de prendre une décision, ça ne marche pas…En fiction).

Acte 2
Dimanche après-midi.

Je range mon bureau depuis deux heures.
Je laisse en évidence la doc pour « Ligne de Feu » et mon cahier « Nouvelle pièce ».

Le reste, c’est à dire, les synopsis à ré-écrire pour la télé, la doc pour les polars ( gros stand-by) et un projet de série avorté dans l’œuf par manque d’originalité et de motivation : tiroir.

 

Note dans la note: un blog de scénariste renaît de ses cendres: journal dans ma tête (voir lien à gauche).Allez donc voir ... il va y avoir de la pensée profonde et de la blague pourrie .... 

 

 




28.03.2008

...et voler c'est pas beau.

La tentation est toujours grande de quitter son bureau … À moins que la deadline soit proche. Dans ce cas, on doit finir l’œil rivé sur la pendule en espérant avoir quand même le temps de livrer quelque chose qui ne ressemble pas à un torchon vide de sens, de scènes, de chair… .De l’essentiel quoi.

Mais sans ces fameux délais qui nous énervent parfois mais qui finalement nous aident tellement pour nous faire avancer … Il faut trouver des trucs pour continuer plusieurs heures sans que le doute, la difficulté, la flemme, la faim, ou chose plus agréable à faire nous arrête dans notre tâche.

Oui, je dis bien plus agréable.  Parfois pourtant, il m’arrive de ne pas trop peiner à la tâche, cela coule aisément, les idées viennent vite et j’avance, décontractée, contente de voir les pages se remplir, je me laisserais presque berner par ma propre production. Mais maintenant, je sais que dans mon cas,  quand c’est trop simple, quand ça coule …C’est très souvent mauvais. 
Et « mauvais » ne veut pas dire refusé par une prod ou une chaîne (s’il s’agit d’un scénario). Bien de mauvais textes sont pris…Dans ce cas, on peut se réjouir à l’idée d’avoir fini et de toucher son chèque, c’est naturel. Mais il est bon parfois de rester lucide…
Bon, ce qui malheureusement ne veut pas dire que quand on en bave, c’est bon….

Il y a peu, j’ai lu un témoignage de scénariste qui racontait que le sujet de conversation récurrent dans les writing-room  était la difficulté de se mettre au travail. Il racontait qu’il y en avait toujours un qui disait que pour lui, écrire était un « souffle d’air frais », (traduction très rock n’roll de ma part mais qui a l’avantage d’être claire)…et il ajoutait que c’était généralement le plus mauvais auteur de l’équipe.
Ici, les conversations de scénaristes portent rarement sur le côté ardu de l’écriture … On est plutôt taiseux sur le sujet. Comme si c’était avouer une faiblesse. Alors que je suis persuadée que c’est le contraire.

Moi aussi en ce moment je suis en « writing room » deux jours par semaine (vous verriez la taille de la « room », ça casse le rêve de suite ! ;-)), et notre sujet de conversation préféré c’est quoi ? Pas besoin de réfléchir longtemps, c’est le cul.
Et bien oui, on est français.

Mais quand même, n’allez pas croire, on bosse. D'ailleurs,Swann qui n'aime pas les choses mollassonnes, nous sort régulièrement : « Il faut vraiment qu’on mette nos couilles sur la table …. ».
Dans l’idée je suis absolument d’accord , mais j’ai juste un problème technique à résoudre…

24.03.2008

rescue me...TF1

Passé le week-end à la campagne à avaler des œufs, à regarder la neige tomber, et … un Lubitsh ("le ciel peut attendre" gnan-gnan), un J.Demy (« Lola », j’adore)…et la saison 1 de « Rescue me ».
C’est très bien.
J’adore en particulier les scènes de casernes …Mais je me demande un truc, est-ce que sur « Ligne de feu », TF1 laisserait nos pompiers parler de la couleur de leurs étrons, se mesurer la zigounette (enfin, je devrais enlever le « ette »), et se donner des conseils en matière de cunnilingus… ?

J’hésite un peu sur la réponse.

21.03.2008

Help !

Hier soir, c’était sympa. Mais, je ne sais pas ce qui m’a pris, un moment d’égarement sans doute, j’ai eu le malheur de prononcer le mot « théâtre ». Cédric et JC me sont tombés dessus : « Ca y est, elle va encore nous faire chier avec son théâtre celle –là ! ».
(C’était surtout JC d’ailleurs, qui m’en veut parce que je suis blonde et pas lui…)
Aurélie, elle est beaucoup plus polie et ouverte, elle n’a rien dit, j’ai même senti de la compassion. Max quant à lui, aime le théâtre (Pardon de te dénoncer camarade).

Je suis une femme coupée en deux.

Quand je suis avec des gens de Théâtre à qui je reconte que j’écris pour la télé, je sens dans leur regard une lueur de condescendance, (pour ne pas dire de pitié) et parfois je lis dans leur pensée : « la pauvre, elle en est là … ». (Une fois même j’ai trouvé un petit mot sous ma porte qui disait : « Courage ma grande, tu vas remonter la pente…. » accompagné d'un panier garni...)

Et maintenant mes camarades scénaristes lèvent les yeux au ciel quand je prononce le mot.

Help. Si il y a parmi vous un/une scénariste de télé qui écrit aussi pour le théâtre, veuillez s’il vous plaît me contacter. Je vous promets une grande discrétion, nous nous verrons dans un endroit très protégé où nous pourrons parler sans crainte de notre problème …

20.03.2008

.....

Penser à écrire un post sur Travail et Plaisir....

... mais là je n'ai pas le temps de me faire plaisir, j'ai du travail...

 

(Merci Aurélie et JC, mes sources de réflexions d'aujourd'hui ....;-)) .

 

Différent et pas pareil

Je compare beaucoup en ce moment, ma vie professionnelle d’avant,  consacrée au Théâtre,  avec celle de maintenant.
J’aurais plein de choses à dire ici même… mais en ce moment, je n’accorde pas beaucoup de temps à ce blog, je suis concentrée sur autre chose. J’essaie d’avancer des projets parce que à côté de « Ligne de feu », j’ai un peu de temps (Ca ne va pas durer ...).

Cependant, j’ai remarqué un truc. C’est le post d’Aurélie qui m’y a fait penser.
Avant quand j’étais comédienne et que je sympathisais avec d’autres comédiens, on se disait : « Ce serait cool de sortir ensemble un de ces soirs… ». (Je signale qu’à l’époque j’avais dejà plus de 14 ans et que « sortir ensemble », ne signifiait pas forcément un échange salivaire). Ca signifiait surtout rentrer chez soi à quatre pattes ( et quand je dis à 4 pattes, n’allez pas imaginer des trucs non plus…)

Mais pourquoi je dis ça ?
Ah oui … Je vais dîner ce soir avec Cédric, JC, Aurélie et Max…et Cédric et Aurélie voudraient qu’on travaille…

 Ma réflexion du jour est donc la suivante :

Les scénaristes seraient-ils moins fainéants que les comédiens ?
Je crains que oui…(et ça fait d’ailleurs un moment que je le pense…)

Et là moi je me dis :
Ai-je bien fait de changer de voie ;-)

 

 

13.03.2008

Post pour celui/celle qui voudrait me piquer ma place.

894452843.jpgL’atelier d'écriture commence à l'aube. On a à peine le droit de se dire bonjour et ensuite dare-dare, on doit se mettre au boulot. A 7 autour d’une table, les places sont attribuées d’office. J’ai eu le malheur de ne pas me mettre à la bonne place , j’ai reçu un petit coup sur le tibias et un regard courroucé en prime.
On ne peut sortir que des idées bien réfléchies et constructives, sinon, on se fait traiter d’auteur de merde…et l’échange de regard entre la productrice et le directeur d’écriture en dit long : on sait qu’on a pas le droit a une autre erreur, sinon : la porte. Une consigne, d’ailleurs, écrite dessus : « Réfléchis avant de parler ».

Le premier qui rit a droit à un coup sur la nuque. On est pas là pour déconner.
Pas de pause déjeuner, le jeûne aide à la création.
Dès que le créateur de la série dit quelque chose, on doit opiner du chef et le regarder, éblouis. La moindre contradiction est sanctionnée par une mise à pied d’une heure pendant laquelle on se tape des photocopies à faire.

Inutile de vous dire que la moindre allusion à la sexualité des personnages est bannie : c’est une série propre.
Nos pompiers sont des héros, ils sauvent des gens . Point. Ils ne baisent pas hors mariage, aiment leur mère et leurs sœurs, et rient quand ils se brûlent (ce qui sur cette série leur arrive souvent, et c'est ennuyeux…)…et ont des comportements exemplaires. Ils doivent montrer l’exemple aux jeunes télespectateurs. C’est la chienlit dans ce pays, vive les séries pétainistes...

Moi tout ça me convient, j’aime le sérieux.

( Voilà, c’était juste pour dégoûter les jeunes scénaristes . Je trouve qu’il y trop de monde dans ce métier ... Pourvu que ça marche ;-)). 

 

10.03.2008

Na Zdorovie !

608974363.jpgAujourd’hui, j’ai eu rendez-vous pour lisser des dialogues d’une série russe. Après traduction bien sûr, je ne possède pas bien le Russe, le Biélorusse beaucoup mieux…

Je me réjouissais donc à l’idée de baigner dans une atmosphère Tchekhovienne, où des personnages se retrouvant dans une dacha sibérienne deviseraient autour d’un Samovar qui cracherait un thé bien noir…
Déjà des dialogues météorologiques se bousculaient dans ma tête, pompés bien sûr sans vergogne sur le grand dramaturge . Ah qu’il eut été reposant de me prélasser dans des répliques comme :
« Très estimé Ivan Petrovitch, il fait assez beau aujourd’hui. Ce matin, il faisait gris, on pouvait craindre la pluie, mais le soleil s’est enfin montré. A vrai dire, nous avons un automne magnifique…Le blé pousse bien ? Un seul ennui : les jours raccourcissent. »

Mais non, que de clichés de ma part …c'est un truc super moderne!

Un bon petit plan, comme on dit, qui ne serait ni chronophage, ni très rémunérateur…mais ça me paierait ma Vodka.  Mais en fait, ah ah, ils ne sont pas sûrs d’avoir besoin de quelqu’un . Cependant, je n’ai ni pesté , ni râlé, parce que l’heure et demi de métro a été compensée par une rencontre très sympa avec deux producteurs …Tant sur le plan humain que visuel.  Parce que quand on fait déplacer des gens pour (peut-être) rien, ce n’est finalement que politesse d’être beau. Non? (Moi je m'en fiche, je n'ai aucune pression de ce côté, c'est toujours moi qui me déplace !)

Et mercredi, je retrouve mes camarades de caserne. Je suis d’ailleurs en train de lustrer mon casque…

08.03.2008

communauté 2

Je vais donc fonder la communauté des "scénaristes sans talent talons".

(Ca marchera mieux ...)

Beaucoup de choses à raconter la Dulle hein? ;-)

 



Ah si, il y a un bouquin que j’adore et que je vous recommande. Il s’agit du « Rire de résistance », co-édité par le Théâtre du Rond-Point et Beaux art magazine, conçu par JM Ribes.
Grosse dynamite dans le politiquement correct.

Y figurent tous ceux, fils et filles de Rabelais, Molière, Jarry, Dario Fo, Coluche, Picabia et autres dadaïstes, qui par le rire, la raillerie et l’insolence ont su résister à toutes les dictatures de la réalité et à l’hégémonie du sérieux. » Ce sérieux qui solidifie les idées, que la morale fortifie et que le bon goût engraisse au point qu’il en finit par boucher la pensée. »

Et moi qui bosse pour TF1, ça me fait beaucoup de bien :-)1140915144.jpg

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